mardi 19 février 2008

L'arrière-saison de Philippe Besson

« En effet, Stephen a appris d’elle qu’on peut vivre avec quelqu’un sans empiéter sur son existence, sans lui demander directement ou sournoisement de renoncer à ce qu’il est profondément. Il a sans cesse été frappé par le respect absolu, non négociable, de Louise pour la liberté d’autrui, par son refus presque intégriste de le faire changer, de l’amender. Elle racontait souvent, en plaisantant, qu’elle avait reçu Stephen dans un état et qu’elle le rendrait dans le même état, qu’on ne pourrait pas lui adresser le reproche de l’avoir déformé, rabougri, écorné, ni même amélioré d’ailleurs. Elle n’a touché, en fin de compte, à aucune de ses qualités ni à aucun de ses défauts. Elle a tout laissé intact. Il n’a jamais eu à se renier, à se dédire, à se corriger. Il a été libre de tous ses choix. Cette impunité, il en a découvert la valeur inestimable au lendemain de ses noces. Trop tard. »

L’arrière saison de Philippe Besson est un roman « d’atmosphère », un huis-clos à l’ambiance hitchcockienne. Rien n’est extraordinaire, un bar sur la Côte Est des Etats-Unis, un quatuor composé de deux anciens amants, d’un serveur et d’un pêcheur et c’est tout… Mais c’est là la grande force de Philippe Besson, qui nous entraîne au cœur des conversations, des souvenirs, des espoirs avec une infinie lenteur et le charme suranné d’une soirée de fin d’été à Cape Cod. La scène est tellement banale qu’elle en devient unique. Philippe Besson, peint et compose un tableau mélancolique et nostalgique comme celui dont il s’est inspiré pour écrire ce roman (« Nighthawks » d’Edward Hopper). *****

La 4 ème de couverture est .

L’arrière-saison. Editions Juillard,2002.

lundi 18 février 2008

Dôme de la Grave, Toulouse


"Que d'hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller."

Friedrich Nietzsche

mercredi 13 février 2008

Récital Juan Diego Florez

Quel ténor ce JDF !

Juan Diego Florez l’un des plus grands tenors de la scène mondiale actuelle nous a fait profiter de toute l’étendue de son talent lors de son récital donné le 24 janvier 2008 au Capitole.

Au programme :

Mozart
Die Zauberflöte (Die Bildnies)
Il Re Pastore (Si spande)
Bellini
La ricordanza
air de Bianca e Fernando (All'udir)
Rossini
L'esule
L'orgia
Prelude di musique anodine
air de Elisabetta Regina d'Inghilterra
Rosa mercedes Ayarza de Morales
Si mi voz muriera en tierra
La rosa y el clavel
Hasta la guitarra llora
La zamacueca
Malhaya
Gluck
Airs d'Orphée
Donizetti
Air de Linda di Chamounix (Linda si ritiro)

Les airs de la Flûte enchantée ont été propres et bien exécutés mais ne permettent pas (à mon avis) de mettre en avant le timbre unique de Juan Diego Florez. Ce ne fut donc qu’une agréable mise en bouche.

Par contre, les extraits du Roi Pasteur, de Bianca e Fernando et surtout de Elisabetta Regina d'Inghilterra (Deh Troncate) rendaient grâce au timbre fruité de sa voix et à sa diction parfaite.

Quant à son interprétation de Carlo dans la Linda di Chamounix de Donizetti, elle est tout simplement sublime. Une projection parfaite, des nuances dans le phrasé parfaitement maîtrisées, une voix chaude et claire…bref cet air était tout simplement magnifique et il finissait sous des tonnerres d’applaudissements.

Le péruvien n’étant pas avare de son talent, JDF nous gratifia de 4 arias supplémentaires, et non des moindres :

Roméo et Juliette de Gounod
Una Furtiva lagrima de l’Elixir d’amour (j’ai vraiment un faible pour celui-ci),
la dernière partie de la grande scène de Tonio de La Fille du Régiment et ses célèbres 9 contre ut (qu'il faut absolument écouter, le lien est ),
et La Donna e mobile du Rigoletto de Verdi.

Une soirée mémorable ! *****

lundi 11 février 2008

Renversant


Toulouse, janvier 2008

jeudi 7 février 2008

J’étais derrière toi, de Nicolas Fargues


« Bref je te disais que j’ai attendu la trentaine pour souffrir. Ou plutôt, pour découvrir que je pouvais souffrir comme tout le monde et que ma soi-disant force mentale, mon soi-disant élégant détachement, ma soi-disant distance en toute circonstance, purement théorique, purement idéaliste, purement littéraire, que tout ça ne faisait pas le poids face à un vrai coup dans la gueule bien banal, franc et massif. La trentaine pour devenir un adulte, en fait. »


« J’étais derrière toi » est un roman frais comme une pub d’Hollywood chewing-gum... L’écriture de Nicolas Fargues est vive et alerte. Elle ne s’embarrasse pas de circonvolutions et de détours pour dire les choses. Des choses crues parfois et qui font mal. Mais il y a aussi ce côté léger, cette dérision permanente même dans les situations les plus tendues de ruptures amoureuses.

Enfin j’ai beaucoup apprécié la manière dont Nicolas Fargues interpelle le lecteur tout au long de son roman. On a vraiment l’impression d’être en face d’un bon copain qui nous raconte ses déboires sentimentaux, ce qui rend le roman captif : «le bonheur, c’est une femme, non ? Tu ne crois pas, toi ? » *****


J'étais derrière toi
Nicolas Fargues
Editions P.O.L
Mars 2006
224 pages

lundi 4 février 2008

Horizontalité et verticalité


Dimanche 3 février 2008, BNF Paris