mardi 29 janvier 2008

La terre est bleue comme une orange


La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s'entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d'alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d'indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L'aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Paul Eluard, L'amour la poésie

lundi 28 janvier 2008

In Memoriam de Linda LÊ


Présentation de l'éditeur Christian Bourgeois:

« Maintenant qu’elle était morte, il me fallait affronter la vacuité de mon esprit : j’avais vécu l’inoubliable et je passerais le restant de mes jours à ressasser ce deuil. Si Thomas n’avait pas dispersé les cendres de Sola dans la mer, j’aurais été assez fou pour les conserver, disputant à mon frère la propriété des reliques. J’avais des rêveries morbides, j’enviais ceux qui invoquaient les mânes des trépassés pour avoir avec eux un colloque qui ouvrait les portes de l’invisible. Mais pour ma sauvegarde, je m’ingéniais à découvrir des explications rationnelles. Les peut-être que j’avançais étaient des prémisses qui ne bouleversaient pas la donne. L’équation demeurait identique : j’avais perdu Sola, et moi qui aurais dû être une vigie aux aguets, je n’avais pas prévu la tempête. »

In memoriam m'est apparu comme un voyage intérieur, une quête de connaissance, de reconnaissance pour le narrateur. Et quand il croit percer la raison de son existence, il navigue entre rêve et réalité, entre le jour et la nuit, incapable de se décider comme paralysé et spectateur de sa vie...

« Je me méfiais de moi-même, de l’état dans lequel j’étais, où l’exaspération coudoyait la stupeur. La nuit, je ne dormais pas, je me tenais aux aguets, à l’écoute des soubresauts de mon être. J’étais dans un grand isolement, que j’avais créé moi-même. J’avais sommé les rares amis qui prenaient encore de mes nouvelles de me laisser en paix. Mais cette tranquilité, je la cherchais en vain. Tant que je noircissais des pages, je parvenais encore à croire à l’éventualité d’une renaissance »

In memoriam est un livre rare, superbement écrit mais qui confine parfois au précieux, ce qui peut agacer certains lecteurs tant le style est parfois « empourpré » et trop littéraire. Un roman à découvrir, mais armé d’un bon dictionnaire !*****

mardi 22 janvier 2008

Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel


"Les épines que j'ai recueillies viennent de l'arbre que j'ai planté."

Lord Byron, Extrait de Chevalier Harold

lundi 21 janvier 2008

Reflets



"L'ordre inférieur est un miroir de l'ordre supérieur ; les formes de la terre correspondent aux forment du ciel ; les taches de la peau sont une carte des constellations incorruptibles; Judas reflète Jésus en quelque sorte."

Jorge Luis Borges, Extrait de Fictions

lundi 14 janvier 2008

Mon manège à moi!


"Tu me fais tourner la tête
Mon manège à moi, c'est toi
Je suis toujours à la fête
Quand tu me tiens dans tes bras..."

Edith Piaf

jeudi 10 janvier 2008

La canapé rouge de Michèle Lesbre


« L’été déclinait, en fin de journée une lumière intense tombait du ciel, rendait les troncs des bouleaux presque phosphorescents, les couleurs saturées. Le soir survenait d’un seul coup, dense, rempli de nostalgie et d’une agitation singulière, empreint de cette angoisse indicible, presque animale, avant l’obscurité, un océan d’obscurité. Eux, indifférents au surgissement de la nuit, échangeaient des plaisanteries qui ne m’étaient pas accessibles. Leurs rires couvraient les bruits de ferraille et le tangage des pots qui poursuivaient leur course folle sous les tables, dans la plus grande indifférence. »

Le dernier roman de Michèle Lesbre est une confiserie. Un bonbon qu’on laisse fondre sur la langue. Tout n’est qu’effleurement, affleurement. L’écriture légère de Michèle Lesbre danse et nous entraîne dans une galerie de portraits et d’images. Elle écrit par évocation et surgissement, comme Van Gogh peignait par touches de couleurs ; Michèle Lesbre est impressionniste ! *****

La présentation de l'éditeur est .

Le Canapé rouge
de Michèle Lesbre
Editeur : Sabine Wespieser

Publication :23/8/2007

mercredi 9 janvier 2008

It's a free world

Réalisé par Ken Loach
Avec Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek
Film britannique, italien, allemand, espagnol.
Genre : Drame
Durée : 1h 33min.
Année de production : 2007

Le dernier film de Ken Loach se rapproche malheureusement plus du documentaire d’Envoyé Spécial que d’un film. Le sujet est certes intéressant –l’exploitation d’une main d’œuvre immigrée par des entrepreneurs peu scrupuleux- mais il manque à ce film une dimension. La relation entre Angie (l’ouvrière qui devient chef d’entreprise) et son fils, malgré son intensité dramatique, ne nous émeut pas plus que ça. C’est dommage car le sujet méritait mieux! ****

Différentes critiques ici et

dimanche 6 janvier 2008

Songes de Mevlido d'Antoine Volodine

Songes de Mevlido











« Ainsi que Mevlido l’avait redouté et prédit, les poules mutantes avaient envahi Gateway Street et elles en occupaient la totalité sans laisser libre la moindre surface. La troupe qu’elles formaient était grisâtre, continue, indifférenciée et agressive. Par malveillance, mais aussi par l’effet d’une bêtise collective obstinée, la multitude interdisait le passage. Les corps gloussaient jusqu’à hauteur de genoux et résistaient. Il était pratiquement impossible de se frayer un chemin là-dedans sans combattre. Cornelia Orff s’engagea avec véhémence dans les épaisseurs cancanantes et se mit à donner de violents coups de pied devant elle. Elle brandissait le pliant qu’elle avait jusque-là porté en bandoulière et elle s’en servait d’une façon brouillonne, un peu comme un épéiste débutant défend sa vie avec un cimeterre. Elle provoquait des mouvements de panique, des envols hystériques, et, quand les volatiles refluaient vers Mevlido, la plupart agitaient leurs ailes rabougries au niveau de sa poitrine ou de son visage, au milieu d’épouvantables odeurs de fiente et de peau granuleuse. En quelques secondes, Mevlido fut noyé dans un nuage de plumes et de pilons hostiles. Il lâcha la main de Maleeya et commença à boxer en aveugle. Ses poings rencontraient des carcasses filantes, à la morphologie incompréhensible et chaude... » Editeur: Seuil


En effet, « Songes de Mevlido » d’Antoine Volodine nous frappe, nous percute, et bouscule nos frontières. Les frontières entre les songes et la réalité, la vie et la mort, l’amour et la haine, l’animal et l’humain, sont déplacées et s’entrecroisent comme pour mieux nous perdre. Antoine Volodine nous décrit un futur noir, de guerres et de catastrophes écologiques. Les illusions perdues du XX ème siècle, échec des utopies révolutionnaires et globalisation du capitalisme sont mises en exergue et prédisent la fin macabre de la race humaine. L’ écriture est brillante et poétique… Magistral ! *****

Le Roi Carotte

"Le Roi Carotte" Opéra féerique en quatre actes de Jacques OFFENBACH
Sur un livret de Victorien Sardou
Direction musicale et piano : Dominique Trottein
Mise en scène : Olivier Desbordes
Collaboration artistique : Eric Perez Costumes Jean-Michel Angays / Stéphane Lavergne (Atelier Fbg 22-11 Paris)
Décors et lumières : Patrice GOURON
Fridolin XXIV : Eric Vignau
Pipertrunck : Jean-Claude Saragosse
Robin-Luron : Agnès Bove
Princesse Cunégonde : Anne Barbier
Rosée du Soir : Anne-sophie Domergue
Sorcière Coloquinte : Béatrice Burley
Roi Carotte : ND Quiribibi : Christophe Lacassagne
Et 6 rôles : romains, romaines, papillon, fantômes, singes et abeilles divers.... Chœur et Orchestre Opéra Eclaté
Orchestration de Stéphane Pélégri
Adaptation du livret : Olivier Desbordes

Spectacle vu le lundi 17 à 21h à Odyssud Blagnac

Présentation de l'oeuvre:

Dans cette féerie fantastique, où l'imaginaire le dispute au délire, le Roi Carotte utilise les pouvoirs magiques de la fée Coloquinte pour renverser le Roi Fridolin XXIV et séduire Cunégonde, la fiancée du Souverain ainsi destitué. Heureusement, avec l'aide de celle qui l'aime réellement, Rosée du soir, Fridolin en réussissant à vaincre de nombreuses épreuves, reconquiert son trône, et renverse à son tour, le Roi Carotte, souverain des légumes, usurpateur tyrannique.

Critique à peine voilée de Napoléon III, le Roi Carotte joué par la Cie Opéra Eclaté n’est pas du grand opéra, mais un spectacle amusant et bien enlevé. Les chanteurs sont honnêtes, le rythme est soutenu et les costumes et décors très à propos. Toutefois l’acoustique de la salle n’est pas au niveau du Capitole. Le texte de Victorien Sardou est parfois détourné de son sens originel mais toujours dans l’esprit parodique d’Offenbach. *****

Un extrait vidéo

Une critique sur le Roi Carotte à Dijon ici

Le Petit Roi ou L’ombre et la flamme

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Le petit roi est un conte philosophique, une fable pour enfants et pour adultes. C’est l’histoire d’un petit roi qui enfouie ses désirs et ses rêves de la nuit les croyant ridicules. Il faut toute la complicité d’une servante chargée de faire les lits du château (la dame aux rêves), pour que ce petit roi ose affirmer ses choix et réaliser enfin ses rêves malgré l’opposition farouche d’un premier ministre tyrannique. ..Un spectacle poétique, dans des décors minimalistes mais chatoyants avec des marionnettes très émouvantes.

Le Petit Roi ou L’ombre et la flamme : théâtre avec marionnettes,
une création de L’Atelier des Songes.
Création et interprétation : Aurélie Gourves, Délia Sartor
Mise en scène : Stéphanie Béranger


Programmation: 1, 2 3 en scène


Samedi 15 décembre à 15h
Public : 6-12 ans

Espace Bonnefoy
4, rue du Faubourg Bonnefoy
31500 Toulouse