lundi 26 mars 2007

Un « Tristan und Isolde » à la beauté épurée

Nicolas Joël, futur directeur de l’Opéra National de Paris où il succédera à Gérard Mortier en 2009, nous a assurément gâté avec cette nouvelle production de l’opéra qui est né de l’amour défendu de Wagner (photo ci-contre) pour Mathilde Wesendonk (l’épouse de son mécène). Drame musical entièrement consacré à l'amour, Tristan und Isolde est un poème d’ambivalence : de pathos et de thanatos, de lutte entre la nuit et le jour, de loyauté et de trahison.

Des décors et des costumes dépouillés

La scène est astucieusement découpée en 3 triangles stylisés d’une surprenante beauté et sert admirablement bien la dramaturgie de l’opéra de Wagner. En effet, ces triangles coulissent tour à tour pour représenter les flots (Acte I) et le rocher au bout duquel Tristan se meurt (Acte III). Le dénuement de la scène renforce l’intemporalité et même l’atemporalité de cet opéra entièrement consacré à l’Amour.

Les costumes d'Andreas Reinhardt sont à la fois classiques et modernes et appuient la symbolique wagnérienne. Janice Baird (Isolde), arbore (Acte I) une robe blanche signe de pureté et de virginité et des bas rouges, annonciateurs déjà du sang qui va couler. En effet, au III ème acte Janice Baird se pare d’une robe rouge écarlate qui irradie la scène.



Une distribution hétérogène

Comment ne pas commencer par Isolde incarnée par l’américaine Janice Baird ? Elle nous avait déjà éblouis dans la Femme sans Ombre de Strauss en novembre 2006. Sa performance vocale est encore à la hauteur même si parfois la justesse du ton est sacrifiée à la puissance que requièrent les rôles wagnériens.

Le canadien Alan Woodrow en Tristan, possède un bel organe vocal mais qui semble s’étioler au fil des actes. L’orchestre arrive même à couvrir sa voix au cours du III ème acte.

Janina Baechle en Brangäne, que nous découvrions à Toulouse, possède indubitablement une voix harmonieuse et une présence scénique des plus remarquables.

Mais indubitablement, c’est Kurt Rydl qui a marqué la soirée. Son roi Marke est véritablement un modèle du genre. Sa présence physique incroyable et son vibrato touchant, notamment lors de son monologue, ont fait de ce roi Marke une référence wagnérienne.

Enfin, Pinchas Steinberg dirige brillamment cet Orchestre du Capitole avec précision, rapidité et puissance mais avec un côté abrupt qui peut être parfois dérangeant.

Tristan und Isolde de Richard Wagner, Orchestre National du Capitole, direction Pinchas Steinberg, chœur du Capitale, direction Patrick Marie Aubert, mise en scène Nicolas Joël, décors et costumes Andreas Reinhardt, lumières Vinicio Cheli. Avec Janice Baird, Alain Woodrow, Kurt Rydl, Oliver Zwarg, Janina Baechle, Christer Bladin, Alfredo Poesina, Laurent Labarbe
Théâtre du Capitole à Toulouse, les 8, 14 & 21 mars à 18h, les 11 & 18 mars à 15h (Photos Patrice Nin)

1 commentaire:

civetta a dit…

c'est le bonhomme Michelin de la photo, Tristan?