jeudi 29 mars 2007

Ravel par Jean Echenoz


Avant de lire le roman biographique de Ravel je ne connaissais que son « Boléro ». Grâce à Jean Echenoz, je connais mieux la vie de ce compositeur français de l'entre 2 siècles (XIX ème et XX ème). Jean Echenoz, nous retrace avec une infinie précision les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel.
J’ai bien aimé l’atmosphère vaporeuse et évanescente de son récit. Ce qui m’a marqué, c’est la solitude du musicien, la solitude de l’artiste devant ce qu’il crée. Car même si Ravel , au sommet de sa gloire (entre 1927 et 1937) court de voyages (Etats Unis) en mondanités et réceptions, Ravel n’a ni femme, ni amante, ni enfant. Il est désespéremment seul et « regarde ses ongles pousser » avant même d’être frappé d’aphasie et de mourir tristement.
D’une écriture douceureuse, Jean Echenoz nous retranscris avec force détails la petite maison étriquée de Montfort-l'Amaury, les 25 pyjamas de la tournée américaine, les rencontres avec Chaplin ou Gershwin. La légèreté du ton en fait un roman très agréable et vous invite à y plonger comme dans un bain de mousse parfumée…
* Auteur : Jean Echenoz
Éditeur : Minuit, Paris
Description : 123 pages
Prix : 12,00 €

lundi 26 mars 2007

Un « Tristan und Isolde » à la beauté épurée

Nicolas Joël, futur directeur de l’Opéra National de Paris où il succédera à Gérard Mortier en 2009, nous a assurément gâté avec cette nouvelle production de l’opéra qui est né de l’amour défendu de Wagner (photo ci-contre) pour Mathilde Wesendonk (l’épouse de son mécène). Drame musical entièrement consacré à l'amour, Tristan und Isolde est un poème d’ambivalence : de pathos et de thanatos, de lutte entre la nuit et le jour, de loyauté et de trahison.

Des décors et des costumes dépouillés

La scène est astucieusement découpée en 3 triangles stylisés d’une surprenante beauté et sert admirablement bien la dramaturgie de l’opéra de Wagner. En effet, ces triangles coulissent tour à tour pour représenter les flots (Acte I) et le rocher au bout duquel Tristan se meurt (Acte III). Le dénuement de la scène renforce l’intemporalité et même l’atemporalité de cet opéra entièrement consacré à l’Amour.

Les costumes d'Andreas Reinhardt sont à la fois classiques et modernes et appuient la symbolique wagnérienne. Janice Baird (Isolde), arbore (Acte I) une robe blanche signe de pureté et de virginité et des bas rouges, annonciateurs déjà du sang qui va couler. En effet, au III ème acte Janice Baird se pare d’une robe rouge écarlate qui irradie la scène.



Une distribution hétérogène

Comment ne pas commencer par Isolde incarnée par l’américaine Janice Baird ? Elle nous avait déjà éblouis dans la Femme sans Ombre de Strauss en novembre 2006. Sa performance vocale est encore à la hauteur même si parfois la justesse du ton est sacrifiée à la puissance que requièrent les rôles wagnériens.

Le canadien Alan Woodrow en Tristan, possède un bel organe vocal mais qui semble s’étioler au fil des actes. L’orchestre arrive même à couvrir sa voix au cours du III ème acte.

Janina Baechle en Brangäne, que nous découvrions à Toulouse, possède indubitablement une voix harmonieuse et une présence scénique des plus remarquables.

Mais indubitablement, c’est Kurt Rydl qui a marqué la soirée. Son roi Marke est véritablement un modèle du genre. Sa présence physique incroyable et son vibrato touchant, notamment lors de son monologue, ont fait de ce roi Marke une référence wagnérienne.

Enfin, Pinchas Steinberg dirige brillamment cet Orchestre du Capitole avec précision, rapidité et puissance mais avec un côté abrupt qui peut être parfois dérangeant.

Tristan und Isolde de Richard Wagner, Orchestre National du Capitole, direction Pinchas Steinberg, chœur du Capitale, direction Patrick Marie Aubert, mise en scène Nicolas Joël, décors et costumes Andreas Reinhardt, lumières Vinicio Cheli. Avec Janice Baird, Alain Woodrow, Kurt Rydl, Oliver Zwarg, Janina Baechle, Christer Bladin, Alfredo Poesina, Laurent Labarbe
Théâtre du Capitole à Toulouse, les 8, 14 & 21 mars à 18h, les 11 & 18 mars à 15h (Photos Patrice Nin)

mercredi 21 mars 2007

La rave du Céleri

Le céleri-rave pourrait être « branché », mais il préfère sa jolie « boule blanche ». L’ apium graveolens a un look plutôt grunge et déjanté et c’est vrai qu’à première vue il ne nous met pas en « transe ». Pourtant, derrière cet aspect quelconque, le céleri-rave recèle des trésors de minéraux (sodium, phosphore, calcium et magnésium) et d'oligo-éléments (fer, zinc, manganèse, cuivre, nickel, fluor).
Il « s’ecstasy » en gratin, râpé en salade, en purée avec sa copine pomme de terre, en crumble ou encore délicatement effeuillé avec de la mozzarella.



Ce week-end j’étais plutôt dans le « trip » mousseline d’après une recette d’Alain Passard (Arpège « house »).

Mousseline de céleri-rave, crème de cassis

Pour 4 personnes :- 600g de céleri rave épluché et coupé en dés de 2cm- 60g de beurre salé- 30 cl de lait de riz (pour apporter une saveur sucrée à la purée)- 30 cl de crème de cassis

Prendre un fait tout et faire suer le céleri dans le beurre quelques minutes. Ajouter le lait de riz et faire cuire à feu doux à couvert. Pendant ce temps, verser la crème de cassis dans une casserole et la faire réduire pour obtenir une consistance sirupeuse. Quand le céleri est cuit, le mixer. Servir la purée de céleri arrosée d'un trait de crème de cassis.

J’ai accompagné cette mousseline d’une aiguillette de bœuf braisée et d’un Bergerie de l’Hortus rouge 2001 (Pic Saint Loup - Côteaux du Languedoc) aux parfums de vanille et de lavande. Sublime !

Par contre, je ne m’appelle pas Mathilde de l’Ecotais et je n’ai manifestement pas le même talent pour les photos culinaires. Je vous épargnerai donc mes photos désastreuses (si vous avez des conseils, je suis preneur !).

mardi 20 mars 2007

Le Phaeno, une architecture-paysage

Tous les dimanches jusqu'au 17 juin, Arte nous propose treize épisodes, dont six inédits, de la collection de référence "Architectures".Cette série de films de 26 minutes est consacrée aux réalisations les plus marquantes de l’architecture moderne, du XIXème siècle jusqu’aux dernières créations des grands architectes d’aujourd’hui.

Dimanche 18 mars (20H15), l’émission nous exposait le Phaeno ( le Centre des sciences de Wolfsburg, ville située à 200 km de Berlin et siège de Volkswagen). Pour ceux qui apprécient l’architecture (comme moi) mais qui ne sont pas des spécialistes, le documentaire est remarquablement monté : il décortique le projet de l’architecte de fond en comble, des fondations à la couverture et nous éclaire de façon précise et ludique sur la réalisation du bâtiment.





L’architecture de Zaha Hadid (Prix Pritzker 2004) est une architecture sculpturale. Elle crée des courbes insensées, des formes indéfinissables. Beaucoup des ses projets ne voient pas le jour, ils deviennent donc des oeuvres d’art à part entière.

Le Phaeno (comme phénomène) ressemble à un oiseau mythique bétonné avec son bec crochu et ses grandes pattes. L’ensemble du bâtiment (un triangle) repose sur 5 cônes où sont logées l’accueil, la boutique et le restaurant. L‘usage du béton (dont le précurseur est Le Corbusier) autorise toutes les formes et facilite l’utilisation de courbes, de forme géométriques récusant les lois de la gravité élémentaire.




Le triangle, un plan libre développé d'un seul tenant sur 5.900 m2, permet de dégager entièrement l'espace d'exposition des 250 expériences ludiques et pédagogiques pour enfants et adultes. Son travail renouvelle l'architecture par des lignes et des espaces spectaculaires.

Le Phaeno est un bâtiment paysage avec ses vallées, ses cratères qui se transforment en salles de conférence, ses canyons et ses talus en escalator. Phaeno est un paysage d’expériences et un paysage à éprouver. Comme le dit Zaha Hadid: "le paysage, c'est le plan."




La facade est une constellation d’ouvertures qui fragmente d’un côté la composition du paysage urbain au nord et de l' autre côté, la zone industrielle. Cette masse urbaine poreuse, laisse passer les pietons de l’un à l’autre. Le bâtiment paysage n’est pas un obstacle mais un territoire de liberté, d’évasion, de déambulation exploratoire...


La charpente métallique se présente comme un treillis de losanges géométriques, alors que «les cônes» rappelleraient que la géométrie ne relève pas que de l’angle droit.

Zaha Hadid après avoir été la première femme architecte à avoir eu le prix Pritzker (le Prix Nobel de l'Architecture) pourrait s’illustrer encore cette année puisqu’elle est nominée pour le prix Mies van der Rohe 2007.



vendredi 16 mars 2007

Maria CALLAS ….la diva du Bel Canto au travers de « 100 airs de légendes »

Yves Saint Laurent disait qu’il y a « mille façons de parler de la Callas. Toutes veulent dire la même chose, toutes sont un cri d’une multitude d’êtres qu’elle a fait vibrer… » et c’est vrai que ce coffret de 6 CD est à mettre entre toutes les mains. Pour ceux qui ne connaissent pas La diva du XX ème siècle, il est urgent de se précipiter chez votre disquaire favori. Pour les autres, les accros, les drogués du Bel Canto, les « sniffeurs » de bonne came vocale, vous resterez comme moi ébahi (encore une fois) par l’extrême musicalité de ses interprétations.





Le coffret édité par EMI Classics nous retrace les plus grands rôles de María Kalogeropoúlou durant les années 50 et 60.


CD 1 - BELLINI 76.54
CD 2 - DONIZETTI & ROSSINI 78.36

CD 3 - VERDI 76.37
CD 4 - PUCCINI 77.24
CD 5 - FRENCH OPERATIC HEROINES 77.39
CD 6 - DRAMATIC HEROINES 79.00


Personnellement, l’air que je préfère est Casta Diva (Norma par Bellini). Vous connaissez tous cet air célèbre si, si !! ( il accompagne la pub TV des parfums Jean-Paul Gaultier).

Quand j’écoute ce morceau (celui enregistré en 1961 à la Scala de Milan sous la direction de Tullio Serafin) je pense invariablement aux vers de Lamartine « Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours… ». Quelle interprétation magistrale et quelles émotions ! Un pur bonheur………

Deux autres passages sont divins: "Regneva nel silenzio...Quando rapito in estasi" dans Lucia di Lammermoor et "Ah, fors'è lui" dans son rôle fétiche de Violetta dans la Traviata.

Par contre, j’ai beaucoup moins aimé le CD n°5 des différentes héroïnes de l’Opéra français. Je trouve que Maria Callas excelle quand elle chante en italien mais en français je n’accroche pas du tout ! Je lui trouve un accent de la campagne gersoise désagréable…. (je ne vais pas me faire des amis là).

lundi 12 mars 2007

L’artichaut de Jérusalem ou le … topinambour


En Italie il s’appelle "girasole articiocco", pour son affiliation à la famille du tournesol et son parfum d'artichaut légèrement sucré. Quand il arrive du Canada en Angleterre au XVII ème siècle il devient l’artichaut de Jérusalem. Ces rhizomes tubérisés de couleur rose ou beige aux formes légèrement mamelonnées ressemblent de loin au gingembre. Mais la comparaison s’arrête là car ce tubercule n’a pas bonne presse. En effet, il est associé dans notre esprit aux périodes douloureuses de guerres et de disettes de notre histoire.

Aujourd’hui il revient en grâce et c’est un légume que les grands chefs français (notamment Alain Passard de l’Arpège) redécouvrent. Il se déguste fraîchement cueilli et délicatement râpé en salade ou tout simplement cuit au four en robe des champs avec de l’huile de noisette et de la fleur de sel de Guérande. Il peut aussi se découvrir en purée, en cake avec de la coppa ou en galette uni au potimarron. Mais il se plaît également en velouté et en soupe et c’est sous cette forme que je le préfère. Aussi je vous propose de le redécouvrir au travers de 2 recettes qui nous délivrent effectivement son goût subtil et fin et qui ne manqueront pas de surprendre vos invités par leur originalité.





Velouté de topinambours aux cèpes et au parmesan
(j’ai détourné la recette originale qui était à la truffe)

800 g de topinambours (pour 6 personnes),
2 échalotes, 1 c. à soupe d’huile d’olive, 10 cl de crème épaisse, 1 boîte de cèpes déshydratés (si vous n’en avez pas de frais),poivre du moulin, sel de Guérande, copeaux de parmesan

Epluchez les topinambours et coupez-les en morceaux. Epluchez et émincez les échalotes. Faites-les fondre à l’huile d’olive sans les laisser colorer. Ajouter les cèpes réhydratés (en les ayant laissés préalablement tremper dans l’eau et les avoir égoutés)Ajoutez les topinambours et mouillez à hauteur avec de l’eau. Salez et poivrez.Portez à ébullition et faites cuire 45 mn à petits bouillons et à couvert. Mixez le tout. Ajoutez la crème puis, rectifiez l’assaisonnement. Enfin parsemez votre velouté de parmesan.



Velouté de topinambours à la vanille et au foie gras


500 à 550 g de topinambours épluchés (pour 6 personnes), 40 cl de lait,15 cl d'eau,1/2 gousse de vanille, 80 g de foie gras cuit (la recette originale ne préconisait que 40 g de foie gras mais j’ai trouvé que le mariage entre le topinambour et le foie gras était plus harmonieux avec 80 g)poivre, fleur de sel.


Versez le lait, l'eau, les topinambours et la gousse de vanille grattée dans une cocotte. Portez le tout à ébullition et comptez 20 minutes de cuisson à couvert. Coupez le foie gras en petits morceaux. Vous pouvez l'ajouter au velouté avant de mixer ou bien l'ajouter au velouté mixé ou encore disposer les dés de foie gras au fond de petits bols et verser le velouté dessus. Après avoir mixé, assaisonnez à votre goût avec de la fleur de sel et du poivre.




* Le topinambour apporte une quantité intéressante de vitamines B (indispensable au bon fonctionnement neuromusculaire), des taux de sels minéraux et oligo-éléments significatifs (notamment en potassium et phosphore) et il est très riche en fibres.

* Il existe plusieurs variétés de topinambour : le topinambour rouge, le violet de Rennes, le rouge du Limousin, le topinambour fuseau...

Légumes racines et légumes d’hiver oubliés…


Topinambour, céleri-rave, panais, potimarron, cerfeuil tubéreux, navet, rutabaga, betterave, radis noir, autant de légumes d’hiver mal aimés ou inconnus que j’ai eu envie de découvrir.
Je vais donc vous proposer dans les semaines à venir ces différents légumes et quelques suggestions de recettes ...

mardi 6 mars 2007

Les Bienveillantes de Jonathan Littell

Quel roman !

« L’obersturmbännfürher » (lieutenant-colonel SS) Aue nous décrit avec une terrible cruauté froide le génocide de Juifs, de minorités (tziganes, homosexuels…) et Bolcheviques lors de l’embourbement de l’armée allemande sur le front de l’Est (lors de la guerre de 1939-1945 et de l’offensive Barbarossa). Le roman impressionne par sa description détaillée et mécanique de l’élimination par millier de ces populations envahies.



J’ai trouvé les 150 premières pages difficiles à cause de la multiplicité de termes germaniques (moi qui ne parle pas un mot d’allemand !). Mais plus on avance, plus l’ouvrage prend aux tripes et déroute le lecteur car c’est à partir des yeux de cet officier SS que nous assistons au récit technique, d’une « purification » planifiée et d’une organisation administrative nazie impressionnante. Cet officier est un homme cultivé, lecteur assidu de Platon et Flaubert, musicologue averti et passionné des œuvres de Wagner, Rameau et doté d’une véritable finesse d’esprit. Il nous laisse perplexe face aux atrocités qu’il commet ou qui sont perpétrées sous ses yeux par les Einsatzgruppen car comme il le dit si bien lui-même dans une phrase terrifiante : «Je suis un homme comme les autres, je suis un homme comme vous. Allons, puisque je dis que je suis comme vous!» ...

Cette fresque hallucinée (912 pages quand même !) est un roman fort, très fort, éclairant les bas fonds de l’identité humaine. Vous n’en sortirez pas indemnes!


* Les Bienveillantes renvoie à une tragédie d'Eschyle, Les Euménides. Les Érinyes étaient les déesses vengeresses qui persécutaient les hommes coupables de parricide ou matricide, le pire des crimes. Oreste, qui a tué sa mère Clytemnestre pour venger son père Agamemnon, est poursuivi par les Érinyes ; mais la déesse Athéna plaide en sa faveur et les Érinyes se changent alors désormais pour Oreste en Euménides, c'est à dire "les Bienveillantes".



* Les Bienveillantes, Gallimard, 25 €

lundi 5 mars 2007

La douce Caravelle et Concorde le mage

Jean Dieuzaide voulait être pilote. Pour des raisons médicales, il ne pourra pas réaliser son rêve. Alors, il va photographier, la construction des avions, les usines Bréguet et Sud Aviations, les vols d’essais.


Grâce à ce beau témoignage photographique, Jean Dieuzaide nous fait revivre deux légendes de l’aviation des années 50 et 60 : la caravelle et le concorde.

Caravelle et concorde ses deux amours, Jean Dieuzaide ne se lassait pas de de témoigner des prodiges de la technique et de la beauté de ces stars du ciel. Il avait une préférence pour la Caravelle aux formes si pures et si douces. Il ne se lassait pas de photographier, lorsque les compagnies aériennes lui en donnait l’occasion, l’ange flottant au dessus des Pyrénées ou lors de l’atterrissage à Blagnac.


Concorde prit plus tard la suite de cette magie. Jean Dieuzaide ne quittera plus des yeux ce félin supersonique aux allures élancées. Les photos retracent à merveille cette épopée, de la naissance de cet avion quasiment néo-gothique à la construction et aux vols d’essais.



Une fascinante exposition trop succinte malheureusement.

Jean Dieuzaide
Rêves d’avions
Salle d’exposition d’Odyssud
4, avenue du Parc
31700 Blagnac

Exposition 27 février / 7 avril 07
Exposition ouverte du mardi au samedi
De 13 H 30 à 18 H 30 et de 20 H à 21 H
les soirs de spectacle